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Aimé Césaire

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Message par Arabella Lun 2 Nov - 20:20

Aimé Césaire (1913 - 2008)



Aimé Césaire Czosai10



Aimé Césaire, né le 26 juin 19131 à Basse-Pointe (Martinique) et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France (Martinique), est un écrivain et homme politique français, à la fois poète, dramaturge, essayiste, et biographe.

Fondateur et représentant majeur du mouvement littéraire de la négritude — avec Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas —, anticolonialiste résolu, il mène en parallèle une carrière politique en tant que député de la Martinique et maire de Fort-de-France durant cinquante-six années consécutives, de 1945 à 2001.

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Je ne lis jamais un livre dont je dois écrire la critique ; on se laisse tellement influencer. (Oscar Wilde)
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Message par Arabella Lun 2 Nov - 20:21

La tragédie du roi Christophe


Parue en 1963, la pièce est montée pour la première fois l'année suivante au festival de Salzbourg, puis à l'Odéon, et entre même au répertoire de la Comédie Française en 1991.

Le sujet de la pièce est inspiré par l'histoire de Haïti. Suite aux luttes anti-coloniales, le pays devient indépendant. Suite à la mort de Dessalines, vainqueur des Français et fondateur d'un éphémère Empire d'Haïti, le pays se partage en deux, entre la république du sud, dirigée par Pétion, et un royaume au nord, fondé par Henri Christophe, devenu le roi Henry, cuisinier puis général.

La pièce se compose d'un prologue et de trois actes entrecoupés de deux intermèdes. Dans le premier acte, Christophe refuse d'être nommé président de la république, en invoquant la limitation du pouvoir présidentiel apporté par le Sénat. Il s'oppose à Piéton, qui deviendra pas la suite président. Nous le retrouvons roi dans sa cour, à laquelle il tente d'imposer les manières européennes en matière d'étiquette. Une guerre civile l'oppose à la République du sud, mais il se refuse à prendre Port-au-Prince. Des différents commencent à apparaître dans l'entourage de Christophe, sa femme s'inquiète.

Au deuxième acte, Christophe impose des corvées à son peuple, et sanctionne un certain nombre de personnes dans son entourage qui n'adhèrent pas suffisamment à ses vues. La construction d'une forteresse gigantesque, qui nécessite un travail très soutenu, provoque des contestations. Des signes inquiétants se manifestent, comme la foudre qui tombe sur une poudrière.

Christophe se montre de plus en plus tyrannique et l'ambiance à la cour de plus en plus délétère. Christophe se trouve paralysé après l'apparition du fantôme d'un archevêque qu'il a fait assassiner. L'armée du sud attaque, pendant que ses sujets se révoltent contre lui.

Nous sommes dans une véritable tragédie, plus proche du théâtre élisabéthain ou espagnol que du théâtre classique français. Il y a l'histoire en marche, un héros qui devient un tyran, tout en restant attaché à une forme d'idéal, qui est la défense de son peuple, anciens esclaves qui se sont libérés, et dont il veut démontrer les capacités et la dignité. Mais au final, il les réduit à une condition proche de celle qu'ils ont connus en tant qu'esclaves, provoquant des morts en cascade, avant de mourir lui-même défait. le début de la pièce est essentiel : Christophe refuse la limitation de son pouvoir par le Sénat, et au-delà par son peuple, pensant être plus à même de déterminer ce dont il a besoin. Même si Piéton et les Sénateurs ne sont pas idéalisés, ils sont opportunistes et pensent à leurs intérêts, néanmoins le rejet par Christophe de contre-pouvoirs, le choix de vouloir être le seul détenteur de l'autorité, est le pêché originel qui signe sa fin et qui précipite son pays dans le désastre. La machine mise en branle devient impossible à arrêter, il y a une escalade de tyrannie et de violence qui mène jusqu'au désastre final.

Mais la pièce joue sur plusieurs registres, elle comporte un côté bouffon, satirique, Christophe a une sorte de fou du roi en la personne de Hugonin, il y a les scènes où l'entourage de Christophe s'essaie sous son commandement à imiter maladroitement les apparences de cours européennes, sans aucun sens pour pour lui. La pièce alterne la prose et les vers, il y a aussi de la musique et des chants, un français très soutenu se mêle à du créole. En un mot, c'est un objet complexe, pensé et sensible. Une belle réussite.

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