Gabriel Josipovici

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Message par Arabella Sam 28 Jan - 19:45

Gabriel Josipovici



Gabriel Josipovici Josipo10

Source : Wikipédia

Il nait à Nice en 1940, de parents russo-italiens, romano-levantins, qui passent les années de guerre dans un village des Alpes françaises. Il étudie pendant six ans (de 1950 à 56) en Égypte au Victoria College du Caire, avant d'émigrer avec sa mère en Angleterre où il finit ses études secondaires au Cheltenham College, dans le Gloucestershire.

Il fait des études d'anglais au St Edmund Hall d'Oxford, où il est diplômé en 1961 avec la mention très bien.

Il enseigne à l'université du Sussex à Brighton de 1963 à 1998, où il est professeur-chercheur à l'École supérieure des sciences humaines. Il fut auparavant professeur à la chaire Weidenfeld de littérature comparée à l'université d'Oxford.

Il publie plus d'une douzaine de romans, trois recueils de nouvelles et un certain nombre d'ouvrages critiques. Ses pièces ont été montées en Grande-Bretagne, et passées à la radio en France et en Allemagne. Son œuvre a été traduite dans les principales langues européennes ainsi qu'en arabe.

En 2001, il publie A life (Une vie), une biographie de sa mère, la traductrice et poète Sacha Rabinovitch.

En 2007, il donne une conférence à l'université de Londres intitulée «Qu'est-il arrivé à la modernité?" publiée ensuite par Yale University Press1.

Il collabore régulièrement au The Times Literary Supplement.

Il est membre de la British Academy et de la Royal Society of Literature.

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Message par Arabella Sam 28 Jan - 19:46

Goldberg : Variations

Les fameuses variations sont une oeuvre de Bach, dont la composition est entourée d'une sorte de légende. Elles auraient été conçues à la demande d'un homme richissime, le comte Kayserling, qui souffrait d'insomnies. Un élève de Bach, Goldberg, au service du comte, aurait été chargé de les jouer pendant les nuits sans sommeil du comte, pour tenter de le distraire lors de ces moments difficiles. Cette version, rapportée par Forkel, le premier biographe de Bach, sur la foi des souvenirs de deux de ses fils, a été contestée par la suite, aucune trace matérielle d'une transaction n'ayant été retrouvée. Peu importe, mythe ou réalité, cette histoire reste attachée à ces pièces pour clavier, rendues célébrissimes par Glenn Gould.

Gabriel Josipovici nous conte donc, en trente chapitres (comme les 30 variations à partir de l'aria de départ) une histoire, ou plutôt des histoires. Celle de Mr Westfield qui souffre d'insomnies. Et qui fait venir un écrivain, Goldberg, pour l'endormir, en lisant. Il a bien essayé au préalable un musicien, mais ce dernier a vite été renvoyé, ne faisant vraiment pas l'affaire. Mais Mr Westfield se montre exigeant : il veut que Goldberg lui lise non pas des livres, mais des histoires écrites spécialement pour lui dans la journée, des histoires qu'il ne connaît pas encore. Alors nous lisons des chapitres ; dans certains nous découvrons des personnages proches de Mr Westfield. Ou de Goldberg. Ou autre chose. Enfin, un écrivain qui imagine toute cette histoire. Tout en voyageant. Se faisant quitter par sa femme. Voilà vous avez une idée de ce qui vous attend si vous ouvrez ce livre.

Si un seul qualificatif pouvait résumer un tel livre, ce serait pour moi « éblouissant ». C'est d'une virtuosité impressionnante. Tout en étant d'une profondeur qui ne l'est pas moins. Je serais bien incapable d'en faire une analyse poussée, j'imagine très bien un lecteur érudit et disposant de beaucoup de temps faire des rapprochements entre les variations de Bach et les chapitres de Josipovici. Je n'ai ni le temps, ni l'envie de disséquer. Je peux juste vous dire que si vous voulez lire un livre étonnant, d'une grande richesse, qui risque de vous déstabiliser, mais aussi de vous émerveiller, tentez l'aventure.

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Message par Arabella Sam 28 Jan - 19:47

Moo Pak

Moo Pak est un livre fascinant, mais dont il est très difficile de parler. Aucune intrigue, aucun récit dont le résumé plus ou moins habile ou alléchant ne peut permettre de meubles un ou deux paragraphe de commentaire et de lancer facilement la note de lecture. Deux types marchent et l'un d'entre eux parle. Quelque chose dont on ne pourra jamais faire un film. Art, musique, littérature, voilà les sujets qui reviennent le plus. Mais dans un désordre apparent. La figure de Swift, homme et écrivain revient en particulier à de nombreuses reprises et donne par une déformation le titre du livre. Mais plus encore l'objet du livre est la façon dont les mots s'articulent, se répondent, s'entrelacent, en phrases, en unités de sens. Et d'une certaine façon nous assistons et participons à la naissance d'un livre. D'un livre peut être pas écrit par l'auteur, mais qui étrangement n'en est que plus réel et plus dense.

Si vous ne comprenez pas très bien ce que je viens d'écrire, il ne vous reste qu'une solution : lire Moo Pak pour essayer de comprendre.

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Message par kenavo Ven 3 Fév - 18:55

Gabriel Josipovici Aaa21
Hotel Andromeda
Présentation de l'éditeur
In a house in a quiet street in North London, Helena struggles with her self-appointed task of writing a book about the reclusive American artist Joseph Cornell. At the same time she dreams and thinks about her sister Alice, working in an orphanage in Chechnya. She is certain that Alice despises her for living a life of comfort and privilege, far away from the horrors of war; yet she knows too that her work is more than self-indulgence. How to reconcile these two visions? Enter Ed, a Czech journalist and photographer who claims he has been working in Chechnya and brings news of Alice, along with the request for a bed for the few days he has to be in London… Gabriel Josipovici’s sparkling new novel charts the course of those few days, as Joseph Cornell’s mysterious life and the strange boxes he constructed wage a silent struggle in Helena’s mind and spirit with the imperatives of the present.
Pour l’instant ce livre n’existe pas en version française et je ne sais pas si un éditeur va faire ce travail. À mon avis, ce serait dommage si ce texte ne serait pas rendu accessible pour le monde francophone.

Bien que ce roman ne parle pas seulement des travaux de Joseph Cornell, il se trouve évidemment au centre de ce texte.

Mais Josipovici mêle très bien cet artiste, sa biographie et ses œuvres avec la vie de Helena.

Lecture passionnante qui ne peut qu’enthousiasmer tout admirateur des ouvrages de Cornell.


Le titre du livre vient d’une série de Cornell qu’il a fait autour du sujet d’hôtels, avec plusieurs variantes pour l’Hotel Andromeda et l’hôtel de l’Etoile
Gabriel Josipovici Aaa23

Gabriel Josipovici Aaa24

Gabriel Josipovici Aaa25


extrait
Both Hotel Andromeda and Hôtel de l’Etoile mingle the sordid and the heavenly, reality and the ideal, in a way only Cornell, to my knowledge, has ever been able to do. It seems to me much more powerful than Hopper, and goodness knows I like Hopper, for Hopper’s world is desperately melancholic and nothing else, though people talk of the poetry of his melancholy and of course there is always a certain poetry in melancholy – but it is not Cornell’s way. He is much stranger than that. Much more unsettling. In these boxes there is a constant two-way movement between the mundane and the mystical which reminds me of Proust’s wonderful description of telephone operators as the mediating angles of our age. But Proust’s image is basically optimistic, transforming the banalities of modern communication into myth, whereas in Cornell it is impossible to say which triumphs, the seediness evoked by the notepaper or the wonder evoked by the name Andromeda and by the beautiful bisexual body of the trapeze artist, who is at once a desirable athlete, an ancient princess and a constellation visible in the heavens. It is the ambiguity of the box (image N°1) that so draws me, and the ambiguity is never resolved but forces us to move, as in a Möbius strip, perpetually from the one to the other.

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Message par Arabella Ven 3 Fév - 21:25

Fais nous baver, Kena. cry3

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Message par kenavo Ven 3 Fév - 21:36

Gabriel Josipovici Ange16 scusi

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Message par Arabella Ven 3 Fév - 21:51

Mais non Kenavo, ils finiront par le traduire et le plaisir de la lecture sera encore plus grand grâce à l'attente. bisoua2

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Message par Arabella Mar 4 Avr - 11:48

Dans le jardin d'un hôtel


Un homme; Ben raconte à son ami Rick ses vacances, et surtout une rencontre qu'il a fait avec une femme, Lily, qui avait pour sorte d'obsession de retrouver un jardin dans un hôtel, dans lequel sa grand-mère avait passé une journée avec un jeune homme, au temps de sa jeunesse. Souvenir en apparence banal, fugitif, sans véritable incidence dans la vie de la grand-mère, mais pourtant qui semble être l'essentiel même, une sorte de point de fixation.

Une ouverture sur ce qui aurait pu être, un autre possible. Il faut dire que le jeune homme, brillant violoniste est disparu peut après dans les camps nazis. Et que la grand-mère a épousé un autre homme. Pour Ben aussi, cet été qui marque la rupture de son couple avec Sandra, et cette attirance pour Lily, qu'il n'arrive pas à formuler, peut devenir une sorte de point de fixation.

Tout cela sous le regard mi-amusé, mi-agacé de ses amis, Rick et Francesca, qui dans le quotidien, entre les promenades du chien, les repas, les enfants à gérer, n'ont pas forcément le temps ni l'envie de creuser du côté de l'indicible et du fugace.


Entièrement écrit sous forme de dialogue, dans une construction brillante, même si en apparence anodine, c'est un livre étrange, où il se passe peu de choses en apparence, mais où les possibles affleurent à chaque mot. Mais il faut prendre le temps, avoir la disponibilité, ne pas chercher à être ébloui. Un objet étrange, qu'il faut apprivoiser.

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Message par domreader Mar 4 Avr - 18:33

Les livres de Josipovici sont pour ceux que j'ai lus des objets étranges qu'il faut apprivoiser.

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Message par kenavo Dim 18 Avr - 2:36

kenavo a écrit:Gabriel Josipovici Aaa21
Hotel Andromeda

Pour l’instant ce livre n’existe pas en version française
vient de paraître
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Hotel Andromeda
Présentation de l'éditeur
Dans une maison du Nord de Londres, Helena s'attelle à écrire un livre sur l'artiste américain Joseph Cornell tout en s'interrogeant sur sa sœur Alice, qui travaille dans un orphelinat en Tchétchénie. Sa sœur qui la laisse sans nouvelles («Même dans mes rêves, elle ne m'en donne pas») et dont elle est convaincue du mépris quant au confort de sa vie privilégiée, loin des horreurs de la guerre. Survient Ed, un photo-reporter tchèque de retour de Tchétchénie, qui prétend connaître Alice et apporter de ses nouvelles, et qui souhaite être hébergé pour quelques jours.
En tiissant des ponts inattendus entreles étranges boîtes-collages de Joseph Cornell et un pays livré à l'atrocité, Hotel Andromeda montre que l'art est une manière de faire face à la catastrophe, qu'elle soit intime ou collective. Et de la «boîte» élaborée par Gabriel Josipovici émerge une vision profonde et lumineuse de ce qu'est la création.«Gabriel Joispovici est l'un des plus brillants érivains – chaque nouveau livre est un événement attendu avec impatiencce.» Deborah Levy

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Message par Arabella Dim 18 Avr - 10:03

Excellente nouvelle, merci @Kenavo.

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Message par Arabella Dim 25 Avr - 23:34

Hôtel Andromeda

Helena est en apparence le personnage principal de ce roman. Mais nous ne saurons pas grand-chose sur elle au final. Elle habite Londres, a une sœur, Alice, qui travaille dans un orphelinat en Tchétchénie et qui ne donne pas de ses nouvelles. Helena écrit des livres sur l’art, sur les artistes, qui ne se vendent pas beaucoup, mais ses parents lui ont laissé des revenus qui lui permettent de ne pas avoir besoin de gagner sa vie. Donc elle écrit ou tente de le faire sur Joseph Cornell et ses boîtes, elle est tout particulièrement fascinée par la série consacrée aux hôtels, dont l’Hôtel Andromeda du titre. Elle parle de ses tentatives pour écrire son livre avec ses voisins, une vieille dame et un écrivain, son amant occasionnel. Mais son quotidien est perturbé par l’arrivée de Ed, un photographe tchèque, qui dit venir de Tchétchénie et connaître sa sœur. Il se fait héberger par Helena, ils parlent un peu de son travail, et un peu de la situation en Tchétchénie, même si Ed n’est pas loquace.

Peut-être qu’au final c’est Joseph Cornell qui est le personnage principal du dernier opus de Gabriel Josipovici. La vie et l’oeuvre de l’artiste américain sont ici évoquées très précisément, l’air de rien, dans les conversations qu’Helena a avec les gens qu’elle croise. Le livre qu’elle souhaite écrire se trouve en réalité contenu dans les échanges des pages du roman. Il y a à la fois la vie et une analyse de l’oeuvre, fascinante et riche. Tout cela l’air de rien. Sans oublier en contrepoint, les échanges sur la guerre, sur les valeurs, sur l’évolution du monde et de la civilisation. Ce qui pose évidemment le sens de l’art et de la création dans une autre perspective.

Comme toujours chez Gabriel Josipovici, c’est brillant, profond, très complexe, sous les allures de conversations, de quelque chose de quotidien. Finalement, la question principale est pourquoi les artistes, certains artistes, sont si importants pour nous. Comment arrivent-ils à dire à notre place et donner une forme plus palpable à nos ressentis et idées. Qu’est ce qui pousse certains d’une manière irrépressible à faire œuvre, qui va résonner, en dehors des effets de mode, d’une valeur marchande, d’une forme d’utilité. L’art est-il une fuite ou au contraire une autre approche de réalité, aussi forte que l’action. Questions sans réponse univoque, on ne peut que constater une forme d’évidence de la création, de son besoin et de sa résonance.

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